"Ce qui reste d'A." photo Y. Nivot

"Ce qui reste d'A." photo Y. Nivot

Spectacle créé en Résidence de création dans le cadre du Festival « Printemps sur canapé »2010/ 2011 (festival de théâtre chez l’habitant). Dans les locaux de l’école d’enseignements artistiques Sud Morvan Bazois- Ville de Luzy (58).

Ce spectacle a été créé à partir de textes d’Annick Guillerm (1936-2002),

Auteur inconnue du grand public, découverte sur le tard par les Éditions ACERMA (Paris), qui ont publié trois de ses écrits :

  • Gare aux lunes, adaptation de textes écrits en ateliers thérapeutiques par des alcooliques abstinents.

  • Pour ainsi dire, pièce pour un seul homme.

  • Les ailes du pou, essai.

Mais, elle a été extrêmement prolifique et c’est une multitude de textes, nouvelles et saynètes qu’elle laisse au fond d’une valise, à l’abri des regards! Ces textes traitent de l’alcool, l’amour, l’autre, l’absence, etc.…. Tout ce qui reste d’A.

Son écriture, d’une qualité remarquable, nous délecte de poésies enivrantes, de dérisions féroces, de traits d’humour libérateurs…

Coup de chance !

Cette malle aux trésors est arrivée entre nos mains. Et c’est avec beaucoup de précautions et d’émotions que nous avons sélectionnés un tout petit florilège pour créer le spectacle « Ce qui reste d’A. ».

"Ce qui reste d'A." Photo de Daniel Sagliocco

"Ce qui reste d'A." Photo de Daniel Sagliocco

Synopsis :

Le buffet d’une gare de campagne. Une nuit où les trains ont du retard

Dorine et Simon se rencontrent.Les douleurs se racontent, se surmontent.Il y est question d’alcool, d’alcool au féminin. Il y est question d’amour, d’amour avec un grand A. De tout ce qui reste d’A.…

CE QUI RESTE D'A.

Le choix des thèmes :

Nous avons choisi six textes. Qu’ils soient poétique, théâtral, drôle ou dramatique, tous ont en commun l’Amour, l’Autre, l’Alcool …

L'amour

Pas d’histoires de couple dans ce spectacle :

Elles font parties du passé et de l’avenir des deux personnages. Et pourtant l’amour, celui avec un grand A, l’Universel est présent partout, dans chaque réplique, dans chaque regard.

Extrait :

Simon, lisant :- « Un auteur écrit une pièce .Un acteur aime tant cette pièce qu’il en monte le spectacle .Un critique aime tant le spectacle qu’il en parle avec chaleur. Un quidam entend la critique, voit la pièce et l’aime tant qu’il écrit à l’auteur pour lui dire. L’acteur est si ému qu’il transmet la lettre à l’auteur qui est si ému qu’il va écrire une autre pièce. Et la boucle n’est pas seulement bouclée, elle va recommencer et des bouts de bonheur vont ainsi se répercuter, chacun ayant un petit plus à chaque fois et ne souffrant d’aucun moins.

Regards vers l'autre

Cet autre qui dans les histoires, dans la vie, fait partie de nous…

Ici il n’est ni juge, ni solution, il offre juste une écoute, une place pour déposer les doutes, les constats…

Extrait :

Dorine : Qui suis-je ? Je suis qui j’aime

Je suis les informations mais ne suis actuellement aucune formation.

Je suis la flèche.

Je suis les indications pour réchauffer un gratin de courgettes congelées mais je suis rarement la foule.

Je suis le chemin qui me mène ailleurs, même si c’est à Rome, mais je ne suis pas le sentier de la guerre.

Je suis à la trace mais à la trappe.

Je suis de loin mais aussi de près : c’est selon. Je suis mon idée si tel est mon désir et mon idée si tel est mon idée. Je suis le fil d’une démonstration jusqu'à sa conclusion si elle ne m’emmerde pas trop.

Je ne suis pas le progrès car il va trop vite pour moi.

Je suis peu de consignes et beaucoup de mes caprices.

Chez le médecin, lorsque je suis la personne vivante, je suis la précédente.

Je ne suis pas à pas.

Je suis le soleil comme mon ombre.

Je suis très mal le mouvement et suis très peu de mon temps.

Je me suis et pourtant me ressemble encore un peu ;

Je suis la voie de chemin de fer, mais jamais de train, à moins qu’il ne soit de vie modeste.

Je suis au poker pour voir.

Je ne suis pas un ordre avant que n’arrive son contre ordre.

Je suis mon penchant ce qui souvent me fait tomber.

Mais pour tout dire, je ne suis pas certaine d’être une affaire à suivre.

L'alcool

Tantôt en filigrane, tantôt centre d’intérêt…

Vu et vécu à travers différents regards ;

Parler de l’alcool nous semble important.

Parler de l’alcool au féminin semble essentiel ;

Aujourd’hui encore, cela reste TABOU.

Combien de femmes boivent seules, n’en parlent pas ?

Et si la communauté vient à l’apprendre ou s’en apercevoir, il y a le jugement.

« Une femme qui boit c’est laid ».

Extrait :

Simon :…/… « Écoute moi un peu : Je voudrais prendre de vitesse les ondes itératives et voraces de tes manques d’alcool, étouffer le cri sinistre de la solitude où tu vogues, pauvre petit bateau saoul. Trouver enfin la gare où pourrait finir ton voyage d’horreur. Laisse moi combler d’un silence satiné le néant, le vide, le vertige de tes nuits hachées des gémissements de tes mortelles utopies. »…/…

Le fond

« Ce qui reste d’A » n’est pas un jugement,

« Ce qui reste d’A » n’apporte pas de solutions, ni de réponses,

« Ce qui reste d’A » de par sa forme « constatatique » offre la possibilité

Au public du questionnement sur son rapport à l’amour, l’autre, l’alcool…

Sur tout ce qui lui reste d’A …

La forme

  • Nous avons particulièrement tenu pour ce spectacle à privilégier la simplicité pour que la force des textes puisse prendre toute son ampleur…

Aussi le choix, le montage et l’adaptation des textes, leur mise en valeur par le jeu d’acteur, ont appelé une scénographie, simple et épurée qui permet à ce spectacle d’être également joué dans un salon, une salle de bistro, une impasse…

La musique

La musique, du tango en l’occurrence, composée expressément pour le spectacle, est comme un 3ème personnage, intimement tissée dans la trame des textes et de l’histoire.

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